Résumé :
« Ingoma » (le royaume, le tambour)
Leur Umut Aman, leur tenue folklorique, est verte, blanche et rouge. Les couleurs du drapeau du Burundi. Ils entrent sur scène, leur tambour posé sur la tête, l'un derrière l'autre, avant de se mettre en arc de cercle autour du « roi ». Et la parade peut commencer.
Jusqu'au siècle dernier, au Burundi, les tambours ne s'entendaient que pour les grandes occasions. Ils accompagnaient le Roi, de son avènement à sa mort, et ils célébraient le début des moissons du sorgho. Le tambour était un instrument sacré.
Aujourd'hui, il n'y a plus de monarchie. Une république a pris la place de la colonie belge. Mais les tambours sont toujours sacrés. Et les Tambours du Burundi les premiers ambassadeurs de leur pays.
Ils essayent de faire connaître leur culture, cette culture dont ils sont si fiers, au monde entier. Sur scène, ils se donnent sans retenue. Huit tambourinaires en arc de cercle, qui donnent l'impulsion à quatre danseurs qui se relaient au centre.
Chaque battement à une signification. Chaque pas de danse, chaque saut, chaque accolade raconte une légende. Des légendes bien difficile à appréhender pour des oreilles profanes. Mais peut importe finalement. Car même si l'esprit ne comprend pas ce que veulent dire les rythmes et les chants des tambours du Burundi, le cœur vibre et le corps suit.
Un regret cependant. De voir les tambours du Burundi sous la forme d'un spectacle. Avec une scène, un public, des artistes. Ils y perdent une partie d'eux-mêmes. Leur place n'est là. Elle est au milieu de la foule, dans le cœur de l'action, sans retenue, sans distance. Comme chez eux.
Claudine Despax